Les remous de la stabilisation au Congo

La stabilisation est devenue un mot à la mode dans le contexte du maintien de la paix, constituant le principal objectif déclaré des missions de l’ONU déployées dans des contextes aussi divers que ceux de Haïti, de la République centrafricaine et du Mali. Cependant, peu de ces missions semblent avoir réussi à cerner ce que signifie ce concept dans la pratique. Le Département des opérations de maintien de la paix (DOMP, DPKO en sigle anglais) de l’ONU semble considérer la stabilisation comme une période de transition entre un conflit de grande ampleur et la phase de développement qui s’ensuit, ce qui englobe le soutien des opérations militaires, la reconstruction des institutions de l’État et le lancement de travaux propices à la reprise socioéconomique du pays afin de rendre les groupes armés moins attractifs. La République démocratique du Congo (RDC) pourrait offrir au DOMP, s’il le souhaitait, un terrain idéal pour mettre à l’épreuve ses idées en matière de stabilisation. En effet, les principes et activités touchant à la stabilisation sont éprouvés depuis plus longtemps en RDC que dans tout autre environnement de maintien de la paix – et c’est également dans ce pays que la difficulté de l’ONU à renoncer à des solutions techniques à court terme est devenue manifeste.