Comprendre la prolifération des groupes armés dans l’est du Congo

Après la défaite militaire de la rébellion du M23 en novembre 2013, la mobilisation armée s’est poursuivie à un rythme effréné dans l’est de la République démocratique du Congo. Malgré un fort retentissement, une première série de redditions n’a pas duré, et elle a surtout concerné des combattants individuels plutôt que des groupes armés entiers. Courant 2014, le paysage des groupes armés a connu une nouvelle fragmentation, les groupes existants se scindant alors qu’en émergeaient de nouveaux. D’après des calculs récents, les provinces du Kivu compteraient à elles seules plus de 70 groupes.1 La plupart de ces groupes—tels que les différentes factions Raïa Mutomboki et Nyatura—ne sont pas des mouvements rebelles de grande envergure mais regroupent des combattants en nombre limité et variable, souvent inférieur à 300. Comment expliquer la prolifération des groupes armés de faible envergure dans l’est du Congo ? Quelles politiques ont été adoptées pour venir à bout de cette problématique ? Et, enfin, quelles en sont les implications pour les efforts de stabilisation et de consolidation de la paix ?